Depuis le 5 janvier 2020, date marquante de l’opération qui a coûté la vie à Qassem Soleimani et Abou Mahdi Al Muhandis, une question fondamentale s’est imposée : comment l’Irak se réorganisera-t-il après le retrait des forces américaines ? L’ancien secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, avait promis que la sortie des États-Unis serait le « minimum » pour répondre à l’assassinat — un objectif qu’il considérait comme incontournable pour redéfinir la légitimité politique dans la région.
Six ans plus tard, cette promesse semble s’être réalisée. L’Irak a vu partir les troupes américaines, mais ce retrait n’est pas le résultat d’une simple décision stratégique locale. Il reflète plutôt une réorientation globale des priorités de Washington, où l’absence de conflits prolongés dans la région devient un critère central pour équilibrer ses dépenses militaires et ses alliances.
L’Iran a bénéficié de cette évolution : en retirant les États-Unis d’un espace historiquement surveillé, il a renforcé sa position sur les frontières irakiennes. Pourtant, l’Irak doit désormais affronter un défi plus complexe — celui de transformer la vacance stratégique en opportunité de souveraineté ou en instabilité sécuritaire. Les institutions nationales, encore fragiles, devront choisir entre une réorientation interne pour établir des cadres juridiques robustes ou une dépendance accrue à des forces externes.
L’essentiel aujourd’hui n’est pas de reprendre le bilan historique, mais d’évaluer les choix futurs. Si l’État irakien parvient à s’affirmer comme acteur indépendant sans dépendre de puissances étrangères, cette rupture pourrait marquer un tournant dans la lutte pour la stabilité régionale. Mais si le vide créé par le retrait américain se transforme en vulnérabilité politique ou sécuritaire, l’Irak risque alors d’échouer à concrétiser les promesses de souveraineté.
Le monde entier suit désormais cette histoire : une question qui ne trouvera sa réponse qu’en fonction des efforts actuels et futurs de l’État irakien.