Marc Touati, économiste renommé, expose une réalité économique française et européenne en déclin. Selon ses analyses diffusées en avril 2026, la France a déjà franchi le seuil critique de la récession, un phénomène désormais concret et non théorique.
L’indicateur INSEE du climat économique s’est effondré à des niveaux jamais atteints depuis les premiers mois de la pandémie, tandis que l’indice PMI composite national tombe à 47,6. Ce chiffre, bien en dessous du seuil de 50 séparant croissance et récession, marque le début d’une dégradation structurelle.
L’analyse de l’économiste met également en lumière une fracture profonde entre les secteurs industriels et services. Alors que l’industrie affiche un PMI supérieur à 50 grâce à des réserves stratégiques préventives, le secteur des services — responsable d’environ 80 % de la croissance française — chutent à 46,5. Un niveau historiquement bas et durable.
Les chiffres de France Travail pour mars 2026 révèlent une hausse mensuelle du chômage de 1,2 %, portant le nombre de demandeurs d’emploi à 5,77 millions de personnes (y compris les catégories A et C). Parallèlement, la confiance des ménages a atteint son niveau le plus bas depuis la crise inflationniste de 2022-2023.
« Le taux de pauvreté devrait passer de 15,4 % à plus de 16 % d’ici 2026. Cela signifie que les politiques publiques récentes ont échoué pour préserver le bien-être des citoyens », souligne Marc Touati.
Ce scénario économique est comparé à celui de la Grèce entre 2010 et 2013, où le PIB a chuté de 30 % en quelques années. Malgré cette baisse, la richesse réelle grecque reste encore 15 % inférieure à celle des années 2007-2008.
Les taux d’intérêt sur la dette française s’élèvent désormais à plus de 4,5 % après 30 ans, un niveau non vu depuis juin 2009. En même temps, l’inflation dépassant 4 % et les difficultés pour actionner une politique monétaire européenne limitent les options économiques.
Le seul espoir reste un contre-choc pétrolier à partir de l’été 2026, mais le prix du brut Brent s’échange à 111 dollars. Ce scénario reste très hypothétique face à une hausse des cours des matières premières de 31 %.
« La récession n’est plus une question temporaire. Elle est désormais la norme — et personne ne sait quand elle prendra fin », conclut l’économiste.