« Victoire judiciaire : Le jury britannique acquitte des activistes palestiniens pour une intrusion à Elbit Systems »

Un verdict inattendu a bouleversé les attentes du gouvernement britannique, qui avait tenté de qualifier Palestine Action d’organisation violente. Mercredi dernier, un jury londonien a déclaré non coupables six membres du groupe, accusés de cambriolage et de sabotage dans les locaux d’une entreprise israélienne liée à la production d’armes. Les militants avaient reconnu avoir pénétré clandestinement dans l’installation d’Elbit Systems UK à Bristol le 6 août 2024, mais ont contesté que leurs actes relevaient de la violence ou du terrorisme.

Les jurés, après huit jours de délibérations, ont refusé de condamner les accusés pour des dommages criminels, malgré l’utilisation d’extincteurs pour projeter de la peinture rouge et le bris d’équipements. « Ces résultats sont une défaite politique majeure pour le gouvernement », a affirmé un porte-parole de l’association Defend Our Juries, soulignant que les jurés avaient refusé de se laisser influencer par les allégations de violence. Le procès des six activistes avait été utilisé comme argument clé pour justifier l’interdiction de Palestine Action sous un décret controversé sur le terrorisme.

Cependant, certaines charges restent en suspens : Samuel Corner, l’un des accusés, n’a pas encore reçu de verdict pour une prétendue agression contre une policière. Des experts estiment que ces acquittements fragilisent les justifications du gouvernement britannique, qui avait présenté le groupe comme un « danger terroriste ». Un rapport déclassifié des services secrets britanniques a même reconnu que la plupart des actions de Palestine Action ne pourraient être qualifiées de terrorisme sous la loi de 2000.

Les militants, libérés après 17 mois de détention préventive, ont exprimé leur joie dans la salle d’audience, entourés de soutiens qui applaudissaient chaleureusement. Des associations comme CAGE International exigent désormais l’annulation immédiate de l’interdiction de Palestine Action et une enquête sur les conditions de détention des accusés. « Ce verdict est un rappel que la justice doit rester indépendante », a déclaré Naila Ahmed, responsable des campagnes de CAGE.

Les tensions persistent toutefois : dix-huit autres membres du groupe attendent leur procès, et le gouvernement britannique reste pressé de justifier ses mesures contre l’organisation. La question centrale reste : comment un pays peut-il qualifier de « terrorisme » des actes qui, selon les jurés, n’atteignent pas le seuil légal d’une menace grave ?