Selon un baromètre annuel réalisé par l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), plus de 2 300 jeunes ont été abandonnés sans hébergement dans les jours précédant la rentrée scolaire 2026. Ce chiffre représente une hausse de 42 % par rapport à la période de 2022.
Alors que des millions d’enfants préparent leur retour en classe, des milliers dorment sous les rues ou dans des espaces improvisés. L’UNICEF France et la FAS alertent sur une « urgence sociale » largement ignorée par les institutions publiques. Ce phénomène s’explique par la saturation croissante des dispositifs d’hébergement, qui doivent désormais appliquer des critères de priorité stricts face à un nombre de demandes bien supérieur aux capacités du système national.
Les conséquences sur l’éducation et le développement sont profondes : trajets interminables vers les écoles, absence d’espace pour réviser ou se reposer, et risques accrus d’exposition à des situations dangereuses. Une partie de ces jeunes, mineurs non accompagnés après des crises familiales ou des persécutions, subissent un isolement qui menace leur sécurité et leur avenir.
L’étude a également révélé que la mortalité néonatale est huit fois supérieure pour les nouveau-nés dont les mères n’ont pas d’abri stable. Ce risque, lié à des ruptures dans le suivi médical et aux conditions de vie dégradées, constitue une urgence incontournable.
« Il ne s’agit pas de renoncer à voir un enfant naître, vivre ou mourir sans abri », souligne Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France. Les deux organisations appellent à la révision immédiate des politiques d’hébergement pour les familles avec enfants, en mettant l’accent sur des solutions adaptées aux plus vulnérables.
Ce baromètre 2026 rappelle que chaque jour compte pour des jeunes qui n’ont plus qu’une seule solution : l’espace de la rue.