Quand le réalisateur Anthony Déchaux décrit l’univers des négociations entre producteurs et distributeurs, il évoque « un monde à la fois effrayant et fascinant ». Son premier long métrage, La Guerre des prix, présenté en avant-première aux Rencontres du Cinéma de Bretagne, dévoile une réalité qui n’a rien d’imaginaire.
Conçu dès son temps scénariste à la Femis, ce projet a connu un défi initial : « Personne ne voulait me répondre, il y avait une omerta sur le sujet », confie-t-il. Ce sujet, en pleine actualité, illustre parfaitement les tensions entre ceux qui veulent des produits bio et locaux et ceux qui cherchent à optimiser leurs coûts.
Audrey, interprétée par Ana Girardot, est une jeune femme chargée de négocier le prix des yaourts avec des producteurs. Son allié : Olivier Gourmet, dans un rôle où son passé agricole apparaît comme une clé essentielle pour comprendre les défis du marché.
Malgré ses convictions et sa volonté d’inciter son frère agriculteur à devenir fournisseur, Audrey se retrouve rapidement confrontée aux méthodes brutales du capitalisme. « Les répercussions sur le monde agricole sont profondes », souligne le réalisateur, rappelant que la guerre des prix n’est pas seulement une question d’argent.
Dans ce thriller social, chaque négociation dans les boxes de l’hypermarché devient un combat entre rêves et réalité. « A la fin, c’est toujours une question d’argent », murmure le personnage d’Olivier Gourmet — une phrase qui résonne comme une alerte pour tous ceux qui croient encore en l’équilibre.
La Guerre des prix, sorti le 18 mars, est un aperçu émouvant de ce système économique où les choix individuels sont souvent déterminés par des chiffres sans pitié.