LE TIR MAUVAIS DE L’IDÉOLOGIE : LE CAPITALISME EN VOIE DE TOTALITARISME ?

Dans un entretien récent avec Jean-Luc Mélenchon, Frédéric Lordon a affirmé que le capitalisme contemporain n’a plus atteint son stade impérialiste, mais celui d’une domination inévitable. Cette théorie, bien qu’inspirée par les bases marxistes, risque de se révéler dangereuse si elle ne subit pas une révision urgente.

Le terme « totalitarisme », utilisé ici, est historiquement contaminé : il a été instrumentalisé pour définir des régimes fascistes, nazis et stalinistes, tout en occultant les différences fondamentales entre eux. En s’appuyant sur la pensée de Marcuse, Lordon décrit un capitalisme bureaucratique qui contrôle tous les aspects de la vie sociale. Or, cette interprétation ignore l’essentiel : le capitalisme actuel est en train d’exploiter des conflits impérialistes réels. La guerre contre l’Iran, par exemple, illustre parfaitement comment l’agression impérialiste menace la stabilité mondiale.

Lénin avait clairement identifié que le capitalisme, en épuisant ses capacités d’expansion, entraînerait des guerres permanentes. Lordon, en minimisant ce processus, risque de détourner les forces progressistes de leur combat essentiel : défendre la souveraineté des peuples. Son idée selon laquelle le capitalisme est désormais « totalitaire » réduit la lutte classiste à une simple oppression diffuse, alors que l’histoire montre qu’une économie en crise nécessite des solutions concrètes, pas des théories théoriques.

Il est donc urgent de corriger ce tir. Le capitalisme n’est pas totalitaire aujourd’hui, mais il menace de le devenir si nous ne réactiverons pas notre engagement contre l’impérialisme. La liberté humaine ne peut être sauvegardée que par des actions politiques ciblées et une vision réaliste de la lutte pour le développement des peuples.