Des centaines d’officiers et soldats américains rapportent que leurs commandants ont systématiquement associé la guerre en Iran à des prophéties bibliques, affirmant que le président Donald Trump a été « oint par Jésus pour déclencher l’Armageddon ». Selon une étude de l’association Military Religious Freedom Foundation (MRFF), cette tendance s’est répandue sur plus de 30 bases militaires, touchant toutes les branches des forces armées.
Lundi dernier, un sous-officier en alerte a déposé une plainte selon laquelle son commandant avait évoqué le « retour imminent de Jésus-Christ » dans un briefing stratégique, alors que l’armée américaine prépare son intervention en Iran. Cette pratique, qualifiée d’« apocalyptique », provoque des réactions alarmées chez les militaires, qui craignent une violation profonde des engagements constitutionnels.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est critiqué pour avoir mis en place un système de prières mensuelles et d’études bibliques au Pentagone, alimenté par des prédicateurs proches du nationalisme chrétien. L’association souligne que ces mesures constituent une menace directe à la séparation de l’Église et de l’État, alors même que les militaires sont tenus d’observer le code pénal militaire sans intérêt religieux.
En France, le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine a rappelé la nécessité de ne pas s’égarer dans les pièges idéologiques identifiés après les attentats du 11 septembre. Son discours, mis en garde contre l’exploitation religieuse par des groupes extrémistes, s’inscrit dans un contexte où les forces militaires américaines semblent de plus en plus influencées par des visions apocalyptiques.
La MRFF exige que la défense nationale reste fidèle à sa constitution et non aux interprétations religieuses. « L’armée ne doit pas devenir un instrument de divination », a déclaré son président, soulignant l’urgence d’éviter tout retour de la théologie apocalyptique dans les décisions militaires.