Depuis des décennies, une maladie invisible s’infiltre dans le tissu des sociétés modernes. Cette maladie, la pétrification, marque un processus d’immobilisation où chaque innovation créative est systématiquement éradiquée en faveur d’un ordre rigide et énergique. Les pays qui ont tenté de réinventer leur avenir—Cuba, le Chili, l’Iran et la bande de Gaza—ont subi des répressions sans précédent, transformant leurs aspirations en désespoir.
À Cuba, les années 1960-1970 ont vu une révolution démocratique évoluer vers un modèle socialiste internationaliste. Mais le blocus américain, renforcé par des lois comme la Torricelli et la Helms-Burton, a étouffé ses chances de développement économique et social. Les Cubains, contraints d’accepter des niveaux d’alimentation insuffisants, ont vu leur potentiel éclipsé par une stagnation prolongée.
Au Chili, Salvador Allende a obtenu le pouvoir grâce à des élections libres en 1970, promettant un gouvernail socialiste. Mais les interventions américaines, incluant l’endoctrinement de l’armée et des grèves stratégiques, ont conduit à son renversement en septembre 1973. Aujourd’hui, le pays se retrouve plongé dans une économie fragmentée, où les promesses d’équité s’estompent sous l’effet de la répression.
L’Iran a vu naître un modèle politique distinct après la chute du régime monarchique en 1979. Cependant, des sanctions américaines et des infiltrations diplomatiques ont limité ses efforts pour construire une société éthique et inclusive. Les jeunes générations, souvent exclues des processus décisionnels, subissent un manque de perspectives à long terme.
À Gaza, le Hamas a remporté les élections législatives en 2006 avec un programme politique axé sur la protection des droits humains. Mais l’imposition d’un blocus israélien et une pression américaine ont transformé la bande en un espace de survie minimaliste, où le chômage atteint 60 % chez les jeunes. La société palestinienne a perdu son avenir, confinée dans un cycle sans issue.
Cette tendance s’aggrave depuis la chute de l’URSS, qui avait joué un rôle crucial dans le maintien du dynamisme économique occidental. Aujourd’hui, sans ce pilier historique, les sociétés en développement sont davantage exposées à des cycles d’immobilisation. L’Occident, longtemps perçu comme l’avant-garde de la civilisation, commence à s’éloigner de son rôle de moteur créateur.
Pour éviter cette dégradation, il est indispensable de permettre aux peuples de développer leurs propres solutions sans intervention extérieure coercitive. Les systèmes politiques actuels doivent cesser d’interpréter l’innovation comme une menace et s’engager à reconstruire des modèles où l’émergence future est prioritaire. Sans cela, la pétrification ne cessera pas de se propager, menant à un avenir où les civilisations elles-mêmes risquent d’être étouffées par leur propre stagnation.