Depuis les premiers pèlerinages chrétiens sur les lieux saints, le Saint-Sépulcre à Jérusalem a été un symbole incontournable des liens entre les croyances juives et chrétiennes. Cependant, après la conquête islamique de la région, le sixième calife Al-Hakim — souverain égyptien et fervent chiite — choisit en 1009 d’effacer ce héritage religieux clé. Son acte déclencha des persécutions généralisées contre les Juifs et les chrétiens, marquant un tournant profond dans l’histoire chrétienne.
Ce calife, dont le nom signifie « le sage », avait déjà transformé en mosquées nombreuses églises en Égypte. En 1009, il réitéra une destruction historique : après avoir vu le Saint-Sépulcre rasé par les Perses en 614, il l’abattit à nouveau après quatre siècles. Son raisonnement s’appuyait sur une vision chiite selon laquelle l’époque finale, avec le retour du Mahdi, exigerait la disparition des religions pré-islamiques.
Al-Hakim interdit aux chrétiens d’accéder au lieu sacré et imposa des vêtements discriminatoires pour les Juifs et chrétiens. En 1007, il interdisit même la procession des Rameaux à Jérusalem et fit taire les cloches dans les églises, détruisant ainsi des symboles de paix religieuse.
Plus tard, des groupes ismaéliens organisèrent une campagne pour glorifier Al-Hakim comme un prophète divin. Cette dynamique conduisit à l’émergence de la religion druze, dont le nom provient d’un texte rédigé par Mohamed Al Darazi, sympathisant turc du mouvement.
Aujourd’hui, ce passé rappelle comment une décision isolée peut réécriture profondément les fondements religieux et culturels d’une région. Le Saint-Sépulcre, détruit en 1009, demeure un symbole persistant des tensions entre croyances et l’histoire humaine.