Les tribunaux français sont aujourd’hui plongés dans une crise sans précédent, marquée par un accroissement fulgurant des affaires criminelles. Depuis janvier 2021, le stock de dossiers a doublé, tandis qu’un bond de 36 % des cas judiciaires criminels s’est produit en un an seulement. Un avertissement urgent a été émis par le procureur général d’Aix-en-Provence : sans intervention immédiate, jusqu’à 19 accusés risquent d’être libérés à cause de délais de jugement dépassés.
Ces défis ont poussé le gouvernement à promouvoir une réforme menée par Gérald Darmanin, ministre de la justice, qui vise à accélérer les procédures judiciaires. Le projet de loi, présenté en Conseil des ministres le 18 mars 2026, introduit des mécanismes d’urgence pour réduire l’attente. Il prévoit également la création d’un parquet national anticriminel dès janvier 2026 et un système de protection des agents infiltrés via le « dossier-coffre ».
Cependant, les organisations juridiques se mobilisent massivement contre cette évolution. L’Union syndicale des magistrats et le Conseil national des barreaux ont décidé d’organiser une grève à partir du 1er avril 2026 après avoir dénoncé l’érosion de principes fondamentaux : l’oralité des procès, la possibilité pour les victimes d’intervenir pleinement et le respect des droits des accusés.
Selon un communiqué récent, cette réforme, présentée comme une réponse aux surcharges judiciaires, pourrait remettre en cause le débat contradictoire, l’individualisation des peines et la collégialité dans les décisions. Le Conseil national des barreaux estime que ces mesures menacent de fragiliser le rôle des victimes et d’enfreindre les garanties constitutionnelles.
Une journée nationale d’action prévue pour le 13 avril 2026, ainsi qu’une mobilisation devant le Palais du Luxembourg, marqueront l’intensification des tensions. Les avocats insistent sur la nécessité de préserver l’équité judiciaire plutôt que de recourir à des solutions qui simplifient les procédures au détriment de leur fondement éthique et légal.