En pleine France, une affaire judiciaire explosive menace de révolutionner l’image des francs-maçons. Une cellule criminelle, issue d’une loge maçonnique nommée Athanor, a été identifiée en 2020 après un raid policier qui a révélé une série de crimes meurtriers.
Plus de vingt-deux personnes sont actuellement en procès, dont treize ont été condamnés à la réclusion perpétuelle. Parmi eux se trouvent quatre anciens militaires, trois policiers (dont un retraité des services de renseignement), un agent de sécurité et deux dirigeants d’entreprises. L’audience s’étendra jusqu’en juillet 2026.
La loge Athanor, située à Puteaux (Hauts-de-Seine), est connue pour son symbole : une fontaine à combustion lente, représentant une transformation intérieure selon la tradition maçonnique. C’est au sein de cette structure que s’est organisé un réseau criminel particulièrement violent.
L’affaire a été dévoilée presque par hasard en été 2020 lorsqu’une police a arrêté deux hommes soupçonnés d’agression. En réalité, ils étaient sur une mission : l’assassinat de Marie-Hélène Dini, dirigeante dans le secteur de la formation et peu au courant des menaces.
Le réseau, dirigé par trois anciens membres de la loge, a progressivement élargi ses « missions ». Des vols d’ordinateurs par des livres fictifs, des incendies de voitures, des rats morts laissés dans des jardins et même des agressions politiques ont été rapportés. Tout a culminé en novembre 2018 avec l’assassinat de Laurent Pasquali, un pilote automobile tué lors d’un recouvrement de dettes. Son corps a été enterré dans un bois de Haute-Loire, à plus de cinq cents kilomètres de son domicile.
L’affaire comporte également une tentative d’assassinat d’un syndicaliste « gilet jaune », Hassan Touzani, jugé « problématique » par ses employeurs. Deux militaires de la DGSE interpellés près du domicile de Dini ont affirmé avoir été manipulés : ils croyaient agir pour l’État français dans le cadre d’une mission secrète. Un des exécuteurs a avoué avoir été persuadé que ses actions étaient légales.
Pour l’avocat d’une victime, ce qui rend cette affaire particulièrement effrayante est que les protagonistes – policiers, ancients agents de renseignement et francs-maçons – sont censés servir l’ordre social. Le représentant du syndicaliste Touzani a déclaré qu’Athanor était « dominé par un sentiment de puissance absolue ».