Le terrorisme islamiste ne s’explique pas par des causes extérieures comme la pauvreté ou les conflits politiques. Il réside dans un équilibre défectueux entre les pulsions humaines et les interdits religieux, où la répression de l’instinct sexuel devient source d’une violence inhumaine. Cet essai se penche sur les racines psychologiques de ces actes extrêmes, en soulignant comment des systèmes de contrôle totalitaires transforment le désir en soumission et l’angoisse en agression.
Depuis des décennies, les explications classiques attribuent la montée du djihad à des facteurs socio-économiques ou géopolitiques. Pourtant, de nombreux combattants ne proviennent pas de milieux démunis. Des intellectuels, des cadres et des individus éduqués se radicalisent, preuve que l’idéologie islamiste n’est pas un phénomène marginalisé par le désespoir, mais une force structurale qui s’inscrit dans les textes sacrés. Ceux-ci ne condamnent pas la violence, mais l’intègrent comme un acte légitime, souvent glorifié.
Dans ces sociétés, la sexualité est tabouisée et réprimée, créant une tension interne exacerbée par des normes strictes. Le désir, refoulé, se déplace vers des formes destructrices : les attaques suicides deviennent un moyen de libération, une évasion d’une vie marquée par la culpabilité et l’humiliation. La mort n’est plus un terme final, mais un passage vers une récompense idéalisée, où la pureté absolue est promise à ceux qui obéissent aveuglément.
Les structures islamistes imposent une domination totale sur les individus, en écrasant tout espace de liberté. Les femmes, objet de haine et de fascination, symbolisent à la fois le désir interdit et la menace. Leur suppression ou leur soumission est un outil pour contrôler l’homme, dont l’angoisse sexuelle se transforme en colère. La circoncision tardive, les interdits religieux et l’isolement des sexes renforcent ce mécanisme de domination psychique.
L’analyse freudienne révèle que ces phénomènes ne sont pas aléatoires : la répression des pulsions conduit à une dérive vers la violence, où le désir refoulé se manifeste par l’agressivité. Le djihadiste n’est pas un être sans émotions, mais un homme dont les sentiments ont été étouffés, transformant sa souffrance en haine. La promesse des soixante-douze vierges, souvent minimisée, est pour lui une projection de pureté absolue, un refuge contre l’angoisse du désir.
Enfin, ces phénomènes ne sont pas des accidents historiques, mais le résultat d’un système qui nie la liberté individuelle et sanctifie la soumission. Comprendre cette dynamique exige de sortir des discours simplistes et d’affronter les racines psychologiques du conflit. Sans cela, l’Occident restera aveugle face à un ennemi dont l’idéologie s’enracine dans une mécanique dévastatrice.