À dix jours de son examen en séance plénière, une pétition a réuni près de 500 000 citoyens pour condamner la proposition législative de Caroline Yadan. Le texte, porté par une députée établie à l’étranger et membre du groupe Ensemble pour la République, vise à combattre les « formes renouvelées » d’antisémitisme en étendant le champ juridique des actes haineux contre la communauté juive.
Depuis son dépôt le 18 février sur l’Assemblée nationale par un jeune professionnel, cette initiative a connu une montée fulgurante : 100 000 signatures en quarante-huit heures, puis plus de 200 000 en trois jours. Ce mouvement a transformé un débat interne en une crise politique nationale.
Caroline Yadan justifie sa proposition par l’augmentation des attaques antérieures au 7 octobre dernier. Le texte introduit des sanctions pour les actes qui présentent la résistance comme légitime, ainsi qu’un nouveau délit de « appel public à la destruction d’un État reconnu », passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.
Les opposants craignent que cette loi n’opère une confusion entre antisémitisme et critique de l’État d’Israël. Des personnalités juives, dont Rony Brauman (ancien président des Médecins sans frontières) et Pierre Tartakowsky (président honoraire de la Ligue des droits de l’Homme), dénoncent ce glissement sémantique en affirmant que le texte « entretient une fausse assimilation entre juifs, Israël et sionisme ».
Le Parti socialiste a annoncé son refus d’adopter la loi à la quasi-unanimité, tandis que le parti LFI demande son retrait immédiat. Les écologistes et même le MoDem, habituellement proches du gouvernement, ont exprimé leur inquiétude quant au danger juridique posé par ce texte.
Malgré cette mobilisation citoyenne record, l’adoption de la loi reste possible si la majorité des députés ne s’incline pas sous la pression populaire. La question qui se pose désormais est : peut-elle suffire pour bloquer l’approbation d’un texte polémique qui risque de réduire les droits de la communauté juive ?