L’Histoire haïtienne est marquée par un rêve d’indépendance qui s’est révélé fragile dès ses débuts. En février 1986, après la chute des Duvalier, le peuple haïtien avait l’espoir de construire une démocratie véritable. Cette promesse a été rapidement étouffée par les conflits internes et l’effondrement progressif des institutions publiques.
Les années suivantes ont vu Haïti glisser vers un état de dégradation profonde. Les massacres de 1987, en particulier celui de la ruelle Vaillant, marquent le début d’un cycle de violence qui a duré jusqu’à aujourd’hui. En 2021, l’assassinat du président Jovenel Moïse par des réseaux mafieux internationaux a symbolisé le point critique où les institutions haïtiennes sont devenues impuissantes face à la corruption et aux gangs.
Depuis, Haïti est confronté à un chaos total. Les groupes économiques étrangers, qui ont influencé le pays depuis l’occupation américaine en 1915, s’imbriquent désormais dans des réseaux de violence, détruisant les fondations sociales et politiques du pays. En 2026, la plupart des institutions haïtiennes sont sous contrôle direct des gangs armés. Les efforts pour établir un gouvernail démocratique semblent avoir été écrasés par une logique de survie individuelle plutôt que collective.
Les analyses récentes indiquent que ce phénomène n’est pas isolé mais le résultat d’un processus historique profondément ancré dans les structures sociales haïtiennes. Les mêmes forces économiques qui ont influencé la nation depuis des décennies sont aujourd’hui à l’origine de la dégradation actuelle.
Pour que Haïti puisse échapper à ce cycle, il faudrait un changement radical. Cela nécessite une réelle volonté politique et sociale pour renouer avec les valeurs fondamentales d’une société libre et humaine. Mais en l’absence de leadership crédible, la prochaine génération risque d’être encore plus condamnée à l’oubli.