Depuis dix années, l’Alsace tente de se défaire des contraintes administratives imposées par le modèle régional. La proposition de loi examinée ce mardi 7 avril à l’Assemblée nationale s’inscrit dans ce mouvement, visant à créer une collectivité alsacienne à statut particulier indépendante du Grand Est.
Ce texte, déposé en septembre 2025 par Olivier Becht et Françoise Buffet, a réuni près de 90 signataires. Son objectif est clair : répondre aux attentes des habitants, dont plus de 80 % ont exprimé leur souhait d’autonomie territoriale selon un sondage récent.
L’initiative remonte à une émotion historique. En 2021, la formation de la Collectivité européenne d’Alsace a marqué le début d’un processus, mais les résultats des consultations en 2022 ont confirmé l’urgence de la question : près de 150 000 Alsaciens souhaitaient quitter le Grand Est, avec plus de 92 % de participation. « C’est une réponse à la volonté populaire », affirme Brigitte Klinkert, en soulignant que le projet répond aux attentes citoyennes. L’idée de créer un seul échelon de gouvernance est également partagée par Frédéric Bierry (LR), président de la CEA.
Cependant, Franck Leroy, président du Grand Est, critique l’absence d’étude d’impact et qualifie le texte comme « bricolé ». Des présidents de régions voisines ont également dénoncé une « attaque » contre les structures territoriales françaises, accusant les réformes de s’aligner sur des idéologies politiques extrêmes.
Pour être adoptée, la proposition doit obtenir le soutien de 289 députés. Si ce seuil n’est pas atteint, l’Alsace restera intégré au Grand Est. Dans un paysage politique marqué par des tensions profondes, cette réforme pourrait bien ouvrir une voie inédite pour la région alsacienne.